Bombardements

Bombardements


La sirène hurlait et c'était déjà le commencement de la fin. Tout l'ordre établi auparavant se transformait, au seul retentissement de cette alarme, en un désordre effrayant. Les passants abandonnaient leurs achats sur le bitume des rues martelées, écrasées par les pas des citadins terrorisés. Ils oubliaient tout sur leur passage, cabas, vélos, parapluies, pour cacher leurs enfants des bombes qui sautaient des avions et qui, en guise de dernier soupir, explosaient dans un brouhaha de cris et de verre brisé. Pendant que les toits se tordaient de douleur, que les routes se fendaient en deux comme des fruits trop mûrs et que les corps sans vie ornaient le sol triste, la ville semblait abandonnée. Le bombardement terminé, on n'entendait guère que le gémissement plaintif du vent et son souffle nostalgique qui annonçait la fin d'un monde. Le ciel pleurait le sort tragique de cette Terre qui venait de perdre pour une énième fois son humanité. Les maisons, les jardins, les routes, toute la ville crachait, dans une fumée noire et sanglante, toute la haine qu'elle avait accumulée. Un silence pur tenait la ville en suspens, même s'il n'avait duré que quelques infimes secondes, on aurait pu croire qu'une éternité pesante venait de s'écrouler sur les épaules des habitants meurtris. Puis, d'un coup vif, le cri des ambulances s'élevait dans le ciel embrumé et ramenait, dans une violence gigantesque, la ville à la réalité. Une femme, seule sur le trottoir, pleurait dans un râle animal son bébé inerte qui gisait dans ses bras. Un vieil homme marqué par le temps attendait sagement la fin, pendant que ses derniers instants de vie s'écoulaient à travers les plaies ouvertes. Une fillette perdue sur le boulevard n'avait plus que son regard perçant en guise de paroles. Elle savait que les mots n'avaient plus de valeur mais elle gardait au fond d'elle un espoir immense qui pétillait, avec une insouciante intensité, dans ses yeux bleus.
Bombardements

# Online seit Donnerstag, 29. Mai, 2008 um 14:45

I'll kill her

Le Mensonge

Le mensonge est un leurre, un repousse-violence. Quand on ment, on croit toujours bien faire, mais on ne fait malheureusement que repousser la renaissance imminente de la vérité. La vérité est toujours la grande gagnante et rattrape le moindre de nos mensonges. Si je mens, elle s'impose toujours d'elle-même. Par exemple, pour la plupart des humains un mensonge fait surgir un mal-être, plus ou moins profond, mental ou physique pour les plus angoissés d'entre nous. Au final, le mensonge ne sert strictement à rien car il n'est rien d'autre qu'une cachette remplie d'épines. Le menteur recueille la tempête alors que dans la plupart des cas, il n'aurait eu qu'à surmonter une petite pluie fine. Il n'est alors qu'un simple perdant, et surtout un être totalement contrôlé par son mensonge qui finit nécessairement par lui échapper pour s'envoler vers la réalité. Dans l'Impératif Catégorique, notre cher et estimé Kant s'exprime à peu près ainsi : On ne peut vouloir le mensonge pour la simple et bonne raison que tout le monde (et même le menteur lui-même) ne peut désirer un monde rempli de menteurs. Tout le monde veut la vérité, même le menteur, car si tout le monde trichait, il n'y aurait plus aucunes valeurs à sa tromperie.
I'll kill her

# Online seit Mittwoch, 28. Mai, 2008 um 16:27

Geändert am Donnerstag, 29. Mai, 2008 um 14:35

à lire dans le silence

Le Silence


Le silence est un paradoxe à lui tout seul. Il est capable de représenter tout les sentiments du monde dans toutes leurs nuances d'une seule et simple manière, l'absence de paroles, une forme pure de rien. Un silence est une unité multisentimentale ou bien une monodiversité émotionelle. Le silence est un tout car il englobe toutes formes d'émotions même opposées. Il peut ainsi représenter la colère silencieuse et tout aussi bien le bonheur silencieux. Les seuls indices des ces émotions sont les réactions humaines en rapport direct avec le sentiment. Par exemple, on sourit lors d'un silence heureux. Pourtant cette réaction physique n'a aucun rapport avec le silence pur, car celui-ci l'est nécessairement. Même s'il peut être brisé par toutes formes de sons, le silence reste inatteignable lors de son existence aussi courte soit elle. Un silence d'une seconde est tout autant intouchable qu'un silence d'une heure.
à lire dans le silence
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# Online seit Montag, 26. Mai, 2008 um 17:45

Geändert am Donnerstag, 29. Mai, 2008 um 14:33

Aurevoir.

La Fin

Le problème avec la Fin, c'est le Début.

Le Début c'est l'illusion que ça s'arrêtera jamais, la Fin, elle, dans sa grande franchise vient juste casser le rêve. La réalité, c'est bien que la Fin n'est qu'une simple illustration du Début. Bien sûr ! Ca parait compliqué comme ça mais, en réalité, c'est d'une simplicité déconcertante ! Ben ouais, regardez, si la Fin nous tombe sur le coin d'la goule, c'est juste parce que le Début c'est faufilé parmi nos parois encéphaliques. Et la, c'est foutu, à partir de ce millième de seconde où, par fatigue, paresse ou par envie d'ailleurs, on a laissé le p'tit bout de Début entrer dans notre cerveau. Bien. Imaginez un point rouge (ou vert, ou bleu, ou orange) qui prendrait source dans votre corps et qui de jours en jours se répandrais à l'intérieur de votre vous jusqu'au bout du bout de vos doigts de mains, de pieds, de cheveux. Bref, il arrive un moment où il y a plus de place, alors tout simplement, ça explose ! C'est à ce moment précis que le Début ce change en Fin, si bien que le Début peu durer le plus longtemps du monde alors que la Fin ne durera toujours que dix seconde.

La seule réalité dans un Début c'est qu'elle est une Fin en devenir
                                                                                                            Aurevoir.

# Online seit Donnerstag, 15. Mai, 2008 um 16:06

Geändert am Donnerstag, 29. Mai, 2008 um 14:32